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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 18:36

l’écorce des chênes

griffe mon regard

 

et ta silhouette, hachurée

galvaudée par le jeu des ombres

           se perd...

 

 

mais, entêtée          entêtantes

les  notes de la symphonie

 

continuent leur voyage

 

 

 

19.10.2013

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:00

Le petit train rouge traverse la campagne tranquille et file en direction de la ville. Les yeux tout juste décollés, j’appuie mon front contre la vitre froide et m’abandonne au chahut du trajet. Les rayons du soleil caressent les prés depuis peu et la lumière toute neuve confère au paysage une atmosphère à la fois vive et tranquille. Un voile de brume disperse son aura, qui s’entremêle aux sapins humides. Erables et frênes battent des feuilles sous la cajolerie d’un vent léger et offrent au contemplateur un frétillement visuel ravigotant.

 

Dans une semi-torpeur, l’âme mélancolique, je laisse ainsi le paysage qui défile satiner mon regard. La forêt s’ouvre tantôt sur une clairière. Quelques rayons dorés frémissent entre les branches et diffusent un éclat pailleté dont l’écho imprègne chaque perle de rosée et la clairière, embrasée, pétille. Un peu plus loin, c’est un chemin de gravier qui longe la voie ferrée, où un flâneur matinal salue d’un geste large les passagers léthargiques. A quelques mètres de lui, dans les hautes herbes, un petit chien noir apparaît, puis disparaît puis réapparait, dans une série de bonds joyeux. Je soupire d’aise et une buée épaisse me voile le paysage quelques instants. Un peu plus loin encore, là où la forêt s’ouvre sur une parcelle de pâturage, une dizaine de vaches s’éparpillent. La plupart des bovidés broutent sans prêter attention au convoi bruyant, mais une jolie brunette, qui mâchouille son déjeuner en nous regardant passer, semble me faire un clin d’œil complice.

 

Et au milieu de cette tribu flegmatique, une toute petite boule de poils roux, tapie dans les herbes, observe.

 

Le renardeau s’est-il perdu ? Attend-il sa mère, esseulé et inquiet ou, au contraire, a-t-il triomphé de la vigilance maternelle pour partir à la découverte du monde ? La vue de ce bébé canidé couché au milieu de toutes ces dames tranquilles m’émeut plus que je ne saurais le décrire et j’ai soudain envie de m’échapper de ce train. Je voudrais ne jamais rejoindre la ville, les rues encombrées, le brouhaha permanent, les odeurs âcres, les regards fuyants, le médecin, qui m’attend dans son cabinet trop petit trop froid trop silencieux et trop bruyant à la fois. Je veux dans mes oreilles la romance de la clairière qui s’éveille, la fugue du vent dans mes cheveux, le fredonnement des herbes qui dansent, le charivari des oiseaux qui n’en finissent pas de saluer la renaissance du jour. Je saute par la fenêtre close. Je déserte, abandonne sur la banquette mon corps inerte et évade mon âme dans le tableau des champs. Je rejoins le petit renard couché dans les graminées.

 

Je lui soufflerais « Que fais-tu ? » et il me répondrait « J’attends un Petit Prince » 

 

 

 

30.08.2013

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 11:41

Foyards et sapins

franges d’épines et de ramées

entremêlés

chatouillent le bleu éther

               

                Et se déploient dans l’espace         au-dedans         au-dehors

                des rubans de rires

                fins comme un frémissement

 

Bulles de son sautillent dans l’ormeau         résonnent      

roulent

jusqu’à l’âme, l’émerveillent

 

devant, le chemin disparaît dans l’ombre, petit filin d’Ariane

menant                                                     à l’évasion

 

 


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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:34

 

Se lover

 

dans la béance des mots

      

 

                  Tout y est possible

 

 

 

 


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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 12:21

Quelques fins foulards de brouillard

 S’accrochent

Aux longs doigts tors des arbustes dénudés

 

L’eau vert de chrome

Qui rampe, tranquillement

Entre les herbes gelées

Réfléchit en mille aiguilles de jaune persan

Les quelques flèches d’orpiment

Que le soleil tire à travers le frima

 

Eclats de mire

Romance visuelle

 

Je marche à pas lents

Dans le vierge silence

Pour déguster chaque accord

Du crépitement des herbes, se fripant

Sous cette contemplative foulée

Et écoute résonner, dans l’éther de l’hiver

Ce frais froissement de brindilles gelées

 

Eclats d'ouïr

Romance spirituelle

 

Comme pour me punir de mon indécente

Invasion

La bise pince mes oreilles

De son bec de givre

Et picore mon visage

 

Eclats de rire, muet

Euphorire

Nuée d’ample heure, omniconscience

S’échappe d’entre les lèvres

De mon âme, alambique

De Beau de Vie

 

- 05.01.2011 -

 


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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 18:44

Peindre entre les mots


Le contour des nuages

 

 


Colorer de vers et de proses


Les prairies dévastées

    par les mercantiles

 

 


Caresser de sa plume


L’épiderme lactescent du papier

 

 


Tracer à l’encre passionnée


Décors d’âme et chants de fleurs

 

 


Versifier la Vie


Faire l’amour avec les mots


Pratiquer sans retenue

                     aucune


L’acte textuel

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 19:59

 


Poser les deux mains


Sur l’écorce du fruit       Universel


Et l’écouter


A travers chaque pore              Respirer


 

Sentir battre le chœur

De l’atemporalité


 

Laisser


  À flanc d’un lisse silence


L’ongue de pierre           Raconter


Son éther nitée*

 

 

* Cf: La Fontaine, fable IV, 22

 


©JB - 16.05.2010

 


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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 15:57

Poétiser

Poser sur le papier

Des mots

A l'encre sauvage

Pour que naisse de leur Auréole

et d’entre les espaces


la Musique



Abandon du moi

Harmonie d’émois


Pour un dialogue

Entre les âmes

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 15:21


Dans l’aube, au dessus des nuages,

Une main indicible

Déverse sur la corde de l’horizon

Un chaudron de lave d’éther

Orange et flavescente

 

A l’Or que la lumière s’écoule et s’ambre

Sur l’édredon de nuages

Et que mille escarbilles d’air s’ébattent

Entre les ombres mortes

La paupière de la nuit

S’ouvre tout doucement

Déployant le regard blond du soleil

De sa pupille, 

Qui éclate, éblouissant, étourdissant.

 

Le soleil levant

S’étend

Sur le duvet de la terre

 

 


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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 11:20
La brume se glisse entre le bruissement des arbres et ces volutes de coton léger confèrent à la forêt un petit air de mystère.

Je me suis levée avant l'aurore ce matin, pour profiter encore une fois d'une belle matinée d'automne. Alors que toute la maisonnée dormait encore paisiblement, je me suis faufilée hors de ma demeure avec au cœur l'impatience d'une jeune biche courant à travers bois.

Je me glisse sous les arbres en humant les odeurs de bois humide et de résine. Sous mes pas les feuilles décrochées par l'automne croustillent généreusement. Je traverse le sous-bois pour me rendre au petit ruisseau qui dégouline ses perles limpides entre la rocaille. Ce n'est pas vraiment un ruisseau, plutôt un ru timide que les pluies de l'arrière-saison approvisionnent. Je m'assoie sur une souche dont la mousse humide de la rosée matinale imbibera sur mon pantalon son empreinte. Mais cela n'a aucune importance; je sais que c'est là, à cet endroit précis, qu'Elle viendra. Cette Fée en robe de Pyracantha qui sait tant ensorceler mes sens et enchanter mon âme. Elle viendra, comme chaque matin depuis le début de l'automne.

Encore quelques minutes et son mystère « densera » devant mes yeux, empreignant en mon âme un souvenir éblouis, me gorgeant pour les instants creux, de sa Force, de sa Lumière. Comme pour annoncer cet instant de magnificence, une mésange à tête noire entame un chant de gazouillis picotant. Cette ritournelle, ponctuée par quelques notes monotones et nasillardes d'une Sittelle, ajoute du bonheur au bonheur. Délicatement, voluptueusement, la nature se voile d'une aura singulière.

Apparaît alors la féerie…

Je distingue entre les feuillages l’arceau de l'astre du jour qui se lève, colorant l'horizon d'une nitescence rouge vermillon. Le feuillage rouillé par l'automne s'enflamme et murmure sous un souffle léger. L'astre d’Or doucement se réveille et je regarde ainsi avec émerveillement la Terre enfanter d'un jour nouveau. Quelques rais filtrent doucement entre les branches et donnent le ton. Puis c'est l'éclatement. Les premiers cris de soleil percent le ciel orangé de l'aurore. L'étoile du jour jette des flammèches rougeoyantes entre les branches qui viennent colorer en escarbilles les gouttelettes de la rivière. L'eau joue ainsi avec le feu. Complicité d’un instant pour un ballet magique. La forêt se réveille. On entend ça et là des rongeurs qui gratouillent au milieu des feuilles mortes et les oiseaux maintenant déchaînés entament pour le jour naissant l'hymne de la Vie.

N’est-ce pas indécent de s’abandonner ainsi à la contemplation, posée au milieu de cette forêt, alors qu'au loin des souffrances anéantissent des espoirs, des maladies déciment des êtres, des bombes arrachent des vies ? N'est-ce pas indécent de se laisser ainsi enchanter par la Vie alors que tant d'humains, partout, pleurent celle qui leur est détruite, volée, étouffée, massacrée ?

Parfois….parfois, je me sens honteuse de fuir ainsi les ténèbres du monde et les miennes pour me laisser envahir intérieurement par cette lumière simple de la Vie. Abaisser ainsi le Céleste à l’échelon de mes sens pour m’en gorger alors que l’humanité dont je fais partie le méprise chaque jour un peu plus…

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Antre ciel ether :

L'ESPACE JEUX 

ou

LES SPASMES JE

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