Jeux d'écriture

Mercredi 28 octobre 2009
pour la communauté
"Croqueurs de mots"

 


Écrivez un texte
en utilisant un maximum de mots
qui commençent  
par la lettre "S"

 


Une Saucisse en survêtement, soliloquant seule sur un siège, savourait un sandwich, quand un Salami en salopette, quelque peu schizophrène ceci dit en passant, s'assit à ses côtés. Celui-ci, sans sourciller, s'enquit servilement :


- Salutations, Salami sans soucis. Serait-ce stupide de chercher à savoir ce qui t'amène sur ce siège ?


- La soif et l'appétence, sait-tu (c'est un salami belge…..).  Ce sandwich, sère ami Saucisse, serait-il sans salami ?(il faut préciser qu'en plus d'être belge - non non je n'ai pas dit le pauvre ! - Salami avait un seveux sur la lange, si bien qu'il suçotait sans cesse… )


- Certes, il est sans salami, ni autre viande séchée, ce sandwich. Seulement au saumon, et, s'il te plaît, sans sodium ! ça sublime la silhouette.


- Soit, si ce sandwich est sans salami, l'ami, oui s'il est c'est à dire « sans moi », cela signifie sans incertitude qu'il sera moins savoureux, même s'il est, ceci dit en passant,  certainement plus consommable, s'écria Salami en soupirant. Serait-ce abuser si ze te demandais de m'en céder un substantiel segment ?


- A supposer que j'acquiesce à te sustenter, sauras-tu sincèrement savourer sa saveur ?


- Mais certainement, sère cervelat ! Ce sera pour moi une super responsabilité que de savourer respectueusement et silencieusement ce somptueux segment de sandwich.


Et c'est ainsi que Saucisse et Salami dégustèrent révérencieusement le sandwich  au saumon sans sodium.


Ne soit pas si septique, soigneux liseur, et s'il s'avère que ton chemin un samedi soir s'égare en ces lieu où siègent Saucisse super sportif et l'ami Salamis pas sale pour six sous, soit super discret, afin de respecter somptueusement leur silence scénique et leur savoureuse pitance.

 

- 07.10.2007 -

Par Esperiidae
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Samedi 29 novembre 2008

Exercice de style sur http://desmots-despages.forumculture.net

 

 

L'INSPIRATION : L'HIVER

 

 

J'aime cette beauté, si belle est si posée
Dormant sous son duvet d'un blanc immaculé
Pendant que le soleil, du bout d'un rai doré
S'y pose comme un chant et vient la caresser

Union d'émotions simples, sereines, uniques
Apaisant par sa paix mon cœur mélancolique
Soulageant mes émois par son calme pudique
Tranquillisant mon âme en repos authentique

Couverte de coton, la nature enneigée
Charme et ravi mes yeux par son jeu de clarté
De crissement de mes pas sur le chemin gelé
C'est un fou-rir' du froid qui rend le cœur léger

Quand mes soupirs s'envolent, mués en bués
Quand la Vie étincelle de flocons dorés
Que la natur' s'endort pour mieux se recréer
Je permets à mes rêves de l'accompagner

Par Esperiidae
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Mercredi 26 novembre 2008

Exercice d'écriture No 31 - du 04 au 10/02/2008 - Mots imposés

 

 Assassin - Crime - Viol - Défoncer - Lacérer - Immoler - Dévastation - Poignard - Napalm - Hémoglobine - Tripes - Eventration - Egorger - Piétiner - Scalp - Génocide - Massacre - Baisers - Caresse - Tendresse - Caliner - Etreinte - Enlacer - Jouir - Symbiose



Quand l'âme hourd...

 

 

 

Paul à trois ans lorsque son père disparaît mystérieusement, un soir de septembre.

    

Ce soir-là,  juste après un coup de fil étrange, sa mère vint le trouver dans sa chambre à coucher. Elle s’allongea dans le petit nid douillet et serra son enfant contre son sein, le couvrant de doux baisers. Paul, un peu surpris, n’osa bouger, de peur que la caresse de cette étreinte ne s’évapore dans l’éther nuitée de sa petite chambre. Mais après cet instant, le visage de sa mère, habituellement si joyeux et souriant, se referma à jamais, tel un coffre fort dont on a égaré la clé dans un recoin des abîmes de l’âme.

 

Sa mère ne lui expliqua jamais la disparition de son père. Paul n’osa poser les questions qui le tourmentaient et elles se transformèrent aux tréfonds de son être en poignards lui lacérant le cœur et les tripes.

 

Il se mit à haïr cette femme qui avait de son silence chassé ce père tant aimé. Pour Paul commença alors un long et pénible chemin jusqu’aux portes de l’Enfer.

 

A dix ans, il porta sa colère sur des chats. Uniquement les chats roux, comme la chevelure de sa mère, rivière flamboyante jaillissant des sommets de son crâne pour dégouliner leurs braises sur ses épaules menues.  Durant des heures, après l’école, il errait les rues en quête d’un chat roux. Il amadouait alors l’animal, avant de l’emporter dans la forêt où il avait établi son antre, dans le creux d’un rocher, un peu en contrebas du sentier.

 

A l’aide du couteau de cuisine dérobé à sa mère, il entreprenait alors l’éventration de la bête, comme pour tenter d’y dénicher en ses entrailles l’ulcère qui lui rongeait les siennes. Après avoir lacéré la bête, il entreprenait de décoller soigneusement du crâne la chevelure d’Or du félin,  puis accrochait ce scalp dégoulinant de sève pourpre à la suite de ceux, déjà séchées, des précédentes victimes de son génocide.

 

Il cachait sa rage derrière un visage paisible et un caractère facile, si bien que ni ses professeurs ni sa mère ne devinèrent l'ampleur de la dévastation qui s’étendait en lui, chaque jour un peu plus. Lorsque la douleur tourne en vengeance, nul ne peut imaginer l’étendue des ravages qu’elle créera. Lui se droguait aux massacres, se défonçait à l’hémoglobine, le sang lui enivrant l’esprit, liquide suave et chaud lui apaisant la brûlure que la glace de l’absence lui avait infligé.

 

A l’aube de ses vingt ans, il se donna une nouvelle mission ; il était temps à présent d’élever la mise en scène de ses théâtres : il se mit à chercher une de ce femmes aux cheveux de flammes qui embrasaient tant ses douleurs et sa hargne. C’est à la caisse du supermarché de son quartier qu’il la découvrit. Cette jeune femme au teint d’albâtre et à la crinière de feu, le provoquait de son sourire à chacun de ses passages. Dès qu’il sentait ses grands yeux verts comme l’émeraude rouler sur lui, un mélange de haine et de désir violent lui déchirait les entrailles.  Il sentait monter en lui un mélange de désir intense et de colère innommable, un vent brûlant qui dévastait d’un souffle son paysage intérieur, tel une lampée de Napalm sur une forêt rendue aride par une longue sécheresse.  

 

Il ne pouvait plus dormir la nuit, il cauchemardait dans la vision d’une mer verte où il se noyait, alors qu’une somptueuse sirène à la longue chevelure rousse émergeait de l’eau dans un jaillissement de perles luminescentes. Etendue sur le nacre d’un coquillage géant, elle lui souriait, découvrant entre le pourpre de ses lèvres une lignée de perles blanches comme l’alabastrite. Elle se mettait alors à chanter, un chant de cristal, pur et triste a en emprisonner chaque battement de coeur, et alors, petit être impuissant se noyant dans les flots, il assistait à la soudaine éventration de l’ensorcelante créature. Le doux visage se crispait de souffrance et les couleurs du tableau dégoulinaient, ne laissant devant les yeux de son âme de rêveur qu’une toile inerte, aux tons déchirés. Il se réveillait en nage, le cœur battant et l’esprit envahi par une paradoxale avidité dégoûtante de sang.

 

Un matin, il prit son courage et engagea la conversation avec la rousse caissière, lançant en préambule quelques banalités.

 

-         Sale temps aujourd’hui. J’ai oublié mon parapluie, j’espère qu’il ne pleuvra pas sur le chemin du retour. Tiens, vous ne vendriez pas des parapluies, par hasard ?

 

-         Non, malheureusement. J’espère que vous aurez de la chance et que le ciel ne vous tombera pas sur la tête ! lui répondit-elle en riant. Elle enchaîna d’un ton plus sérieux : Je pourrais vous proposer le mien, si vous me promettez de me le rapporter avant dix-huit heures.

 

-         Oh, heu… et bien ma fois… répondit-il en hésitant, agréablement surpris par la tournure des évènement. Oui, pourquoi pas, puisque vous me le proposez si gentiment.   

 

Et c’est ainsi grâce à la pluie que le premier lien se tissa entre eux. Il revint à dix-huit heures tapantes lui rapporter son parapluie et en profita pour l’inviter à boire un verre.

 

Le courant passa très vite entre eux, et ils multiplièrent leurs rencontres. Un soir de septembre, il l’invita chez lui, sans trop savoir ce qu’il allait faire ensuite. Cette créature l’égarait, il avait beau tenter de piétiner les émotions qu’elle faisait naître en lui, les roses de l’amour se redressait aussitôt, distillant leur parfum enivrant, douce brise venant câliner son désir.

 

Leurs âmes en parfaite symbiose, ils firent l’amour durant des heures, sous les rais de lune qui dansaient à travers les persiennes. La musique de leur souffle berçait leurs ébats. Mais il sentit soudain monter en lui un épouvantable fantasme de viol. Alors qu’il luttait contre le violent désir d’égorger la douce créature qui l’enlaçait, celle-ci, croyant à un regain de fougue de la part de son amant, redoubla de douceur, se faisant ainsi à son insu, à grand coup de tendresse, assassine des pulsions destructrices qui ravageaient Paul.

 

Il jouit soudain dans un cri où se mêlaient plaisir et soulagement, et des larmes, si longtemps retenues prisonnières dans l’antre de son cœur, roulèrent sur ses joues enflammées par le récent plaisir. Il pleura longtemps, enlacé dans les bras de la douce caissière qui, bien que surprise, ne posa aucune question, le laissant déverser contre son coeur les flots de ses souffrances. Puis ils s’endormirent tout les deux, emportés par l’épuisement.

 

Son lendemain sera pour Paul, sans aucun doute, « un autre jour »….

 

   
Par Esperiidae
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Samedi 22 novembre 2008


 

 

Telles des racines assoiffées

De lumière

Les mains des indigents

Auréolées d’espoir

Se tendent vers les Cieux

 

Par Esperiidae
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Lundi 10 novembre 2008

 64 - Ecriture sur image sur http://www.ecritureludique.net

Pierre par pierre

Il a construit sa route

Avec en clé de voûte

L’envers de la lumière

 

Parsemé d’ombre et d’éclair

Poussière d’éther

Le voyage du sage

Promet monts et misères

 

Des cavernes obscures

Qui bordent son destin

Il extrait du saumure

Ses anciennes blessures

 

Parsemé d’or et de chimères

Artère d’hiers

Long chemin de galère

Où l’on croise le fer

 

Grain par grain

Il scelle le chemin

Et compose un écrin ;

L’harmonie de sa Fin

 

Par Esperiidae
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Mardi 7 octobre 2008

Ecriture sur Image
(Exercice d'écriture sur ecritureludique.net)


Tout au bout du chemin

L’Inconnu de l’âme Or

Cache dans la brume vespérale

Sa silhouette d’éther

 

Debout sur le ponton

Elle attend le Passeur

 

La pluie qui suinte encore

D’entre ses volets clos

Flic-flac
Flaque

Sur le miroir de l’eau

Brouille le temps

 

Dans un ultime effort

Elle puise entre ses mains

Quelques perles limpides

Glissant sur le plancher

Du petit pont de vie

 

Qu’elle déguste à sa Fin

 

A présent

Elle est prête à marcher

Sur l’eau

Elle est prête à s’ombrer

De l’autre côté du miroir

 

C’est ainsi que les choses se passent

Que l’être trépasse

Quand l’Inconnu de l’âme hors

Lui donne rendez-vous

Tout au bout du ponton

Par Esperiidae
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