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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:53

Elle est avachie sur le siège, celui qui est situé tout près de la sortie, exposée à tout les courants ; ceux de l’air, ceux de la foule.

 

Elle a l’air ailleurs, perdue dans ce qui semble être un vide total de pensées. Son gros sac serré contre elle, elle fixe le vague devant elle et livre son corps aux cahots du train qui déroule son chemin dans le matin naissant. Se sont les autres passagers, agglutinés autour d’elle dans ce train bondé, qui la maintiennent droite assise, semble-t-il.

 

Je suis debout, juste devant elle, m’accrochant tant bien que mal pour résister aux assauts de la masse humaine agglutinée dans le wagon. Il est sept heures quarante. Le soleil, timide, a éclot depuis peu et faufile quelques rais orangés entre la léthargie des corps. Il caresse le visage désert de la vieille dame au sac sans réussir à l’éclairer la moindre.  

 

 

Elle fixe le vide devant elle et son regard me passe à travers. Je suis transparente, invisible, je peux la détailler à mon gré. Un nid de brindilles brunes et grises s’ébouriffe sur une face toute ratatinée. Ce n’est pas un visage, c’est une caricature de grisaille et de lassitude. A-t-elle trop pleuré sec pour que les rides ainsi envahissent toute sa face ? Elle porte un manteau noir, posé tout de guingois sur ses épaules tombantes, comme enfilé à la va-vite. Un train à prendre, certainement... Les pans dégoulinent sur des pantalons d’un noir identique. Un noir éteint. Toute la tenue au diapason de sa neurasthénie. Et sur ses genoux, elle tient, serré contre elle comme un objet précieux, un gros sac beige. A-t-elle emprisonnée sa vie dans ce morceau de cuir ?

 

 

08.10.2013

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Published by Esperiidae - dans Vers de Vie
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commentaires

renaud 14/10/2013 22:57


Esperiidae.


Ton blog pourrait aussi s'intituler "entre ciel et enfer".


Tu passes en effet avec dextérité et grand talent de l'humour de Feydeau à l'abomination du viol, des aventures de Bénédicte à tes voyages en train depuis Fuga jusqu'à la Dame noire.


Beaucoup de sensibilité et de profondeur.


Amitiés.


Renaud


 

Esperiidae 15/10/2013 11:40



Bonjour Renaud,


Oui c’est vrai, je suis en peu genre « la frondaison qui s’épanoui au milieu des étoiles et les racines enfoncées jusqu’aux mollets dans la rocaille»...


J’ignore si j’y arrive vraiment, mais je fais de mon mieux pour empeigner mes textes de la grâce qui m’anime à l’intérieur, qui m’anime dans l’« Antre ciel éther ». La grâce, cette
énergie qui permet de survivre, dans l’« entre ciel et enfer » qu’est la vie...


 


Ça me fait plaisir de te savoir de passage sur mon blog, merci d’avoir pris le temps de me partager ce commentaire.


Amitiés


 



Antre ciel ether :

L'ESPACE JEUX 

ou

LES SPASMES JE

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