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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 16:48

Impassible aux charmes que je n’ai pas, vos yeux glissent sur moi sans même sembler me voir.  Ils glissent, pourtant si doux, telles deux lames acérées, traçant sur leur passage des éraflures invisibles. De ses blessures qui ne saignent qu’à l’intérieur. Verriez-vous mes plaies vous n’en oscilleriez point!

 

Vous me troublez.

 

Je n’ai à vous offrir que mes manques et mes « riens » et vous en veut tellement de ne les accepter… 


Mais quand parfois vos yeux d’or scintillent sous le soleil de mes paroles, je crois alors, juste un instant, avoir enfin conquis votre âme et percer votre glace. Votre tête se penche et sur vos lèvres s’esquisse l’exquise courbure d’un sourire.  Je vole ces instants-là où vous oubliez qui vous êtes… ou vous oubliez qui je ne suis pas.

 

Et dans le silence qui s’installe, je bois à la fontaine de votre fragilité, cette immense tendreté source même de votre force. 


 Je voudrais… je voudrais sans pudeur laisser rouler mes yeux jusqu’aux tréfonds des vôtres.  


Avec pour seul parure un collier de perles de rosée je voudrais vous créer des aurores sublimes.

 

Vêtue, pour seul  vêtement, du voile éthéré du chant des oiseaux, je voudrais vous inventer des après-midi  joyeux.

 

Je voudrais de mes lèvres effleurer votre cuirasse et  vous soupirer dans l’oreille chaque notes de la symphonie qui bouillonne en mes veines, et enflamme mes entrailles. Je voudrais, de mes doigts, filer dans le coton de votre chevelure de grandes voiles blanches que je gonflerais de mon souffle, pour vous rapprocher, encore et en corps, de moi.

 

Sous le vent de votre seule présence, le feuillage de mes sens s’agite et frissonne de désir. Pétales d’orchidée friponne de plaisirs.

 

Insensible à mes rêves vous jeter l’ancre d’un regard sans amour et mon navire chavire.  


Vous êtes un roc ! Entendriez-vous mes suppliques  vous n’en frémiriez point.


 Vous me troublez tant.

 

Je sens rugir en moi le glas de mes passions et s’effriter lentement ce qui en vérité n’est même pas un rêve.

Impavide à mes cris, vous souriez sans cesse.

 

Vous me troublez tant !

 

Malgré votre dédain pour mes sens en fusion, bien plus que d’affliction, je souris d’affection, car plus que de désir, c’est de tendresse, que je vous aime.

 

août 2010

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Published by Esperiidae - dans Od'amour
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commentaires

Alain Gojosso 23/12/2010 14:33



Bonjour Judith,


 tu peux effacer ce commentaire. Il n'avait d'intérêt que le mien.


Bien à toi.



Alain 21/12/2010 14:05



Bravo !



Alain 21/12/2010 11:58



Pour moi, plus le temps passe plus les hivers sont difficiles. Un peu comme si la vie se consumait lentement pour mieux repartir
soudainement à la première primevère sortant de terre. J’ai besoin de soleil et de lumière comme Claude Monet dont j’ai entrepris un récit plus court que Van Gogh…


Je reconnais que Van Gogh était beaucoup trop long pour un blog. Mais c’était du plaisir… J’essaierai de faire plus court la prochaine
fois. Je pense au lumineux Vermeer pour l’année prochaine.


Meilleurs vœux également à l’aube prochaine de cette nouvelle année synonyme de renouveau.



Esperiidae 21/12/2010 13:45



Je comprends. C'est une période de voeux, aussi je te souhaite la flamme de (sa)voir toujours et en corps, l'avenue du renouveau, qu'elle puisse te (ré)chauffer et apaiser ces temps difficle pour
toi.


Je me dois de te remercier; ton premier commentaire a creusé en mon âme un sillon et mon imagination s'est agréablement laissée égarer par ses flots... Des images et mots délicieusement
ordinaires, à classer dans la catégorie des faits d'hiver... 


Amicalement


 


 



Alain 18/12/2010 13:57



Les mots sont beaux et s’imbriquent les uns dans les autres sans heurts pour former des phrases qui donnent du plaisir.


On respire mieux dans cette période glaciale qui rabougrit nos corps et pensées.



Esperiidae 20/12/2010 21:49



Bonsoir Alain,


Période glaciale en effet, mais le feu que je fais dans la cheminée pour apaiser les morsures du froid se charge de chauffer le corps autant que l'esprit, et permet ainsi à mon âme de savoir
saisir chaque pépite de temps que les saisons charient :-). Ainsi, j'aime l'hiver deux fois; une fois quand il arrive, une seconde fois quand il repart... :-)).


Merci de ce passage ici, et de tes mots sur cet écrit.


Cela fait lontemps qui je ne me suis octroyé le plaisir de visiter ton espace. Depuis Van Gogh, j'avoue honteusement...


D'ores et déjà, je te souhaite de très bonnes fêtes et mes meilleures voeux pour toi et les tiens. 


Amicalement


 


 



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