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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 15:48

C’est la nuit tout autour et droit devant, un couloir, où miroite une lumière bleutée.

 

Nadia ne sait si elle doit s’engager dans ce couloir sans promesse apparente ou rester blottie dans la rassurante obscurité. Cela crisse sous le pas lorsqu’elle décide enfin d’avancer et le bruit couvre le son tonitruant des battements de son cœur. Cela devient plus ferme, comme une île au milieu de la mer. Elle butte sur des objets, quatre lettres, qu’elle ramasse et serre contre elle comme ce qu’elle a de plus étranger à elle-même et donc de plus précieux. Deux consonnes, deux voyelles. Juste quatre lettres. Cela devrait être facile de les ordonner en un sens protecteur, stable et apaisant et pourtant plus elle essaie plus cela lui brûle la peau, à l’intérieur d’elle-même. Un cri résonne au-dessus d’elle et lorsqu’elle lève la tête elle voit une multitude d’ailes qui s’agitent avec violence et passion et cela disloque les nuages et comme elle a la tête dans les nuages cela disloque également son esprit.

 

Elle tend les bras droit devant elle et touche du bout de ses doigts éthérés une cuirasse, dur et froide mais douce comme du velours. Elle est aveugle de tout ce qui se passe ailleurs que dans le ciel et c’est pour cela qu’elle arrive à sentir sur sa chair et tout partout en elle, le souffle – parfois rafales parfois bourrasques parfois soupirs parfois bouffée d’espoir parfois rires d'y croire - de celui qu’on aime sans en craindre la proximité physique parce qu’il aime sans désir cette proximité physique. Elle croit serrer contre et en elle-même les quatre lettres, mais elle se rend compte qu’elles existent sûrement mais qu’elles sont tombée dans le gouffre qu’elle a en elle et elles tombent à présent, en choquant les parois et cela vibre et tonne comme l’orage et cela pleut aussi, comme des pleurs. Et couvrant tout cela, une tumeur, qu’elle écoute éclore des profondeurs : « le jour où l’homme saura qu’il n’est pas qu’un phallus », puis tout se tait.

 

Nadia marche des jours et des jours et soudain la nuit tombe sur elle et elle dans la tombe. Alors, effrayée, elle sort de l’inconscience. Mais tout vit

tout vibre

encore

en elle

 

 

 

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Published by Esperiidae
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